Les Français et leurs vacances d’été 2026 : ce qui a vraiment changé

Une étude ADN Tourisme x G2A Consulting pour comprendre les écarts entre les intentions du printemps

Retrouvez l’étude complète ici :

Pouvoir d’achat, séjours plus courts, proximité, chaleur, consommation sur place… l’été 2026 a conduit de nombreux Français à revoir leurs projets et leurs habitudes de vacances.

Menée auprès de 1 023 répondants, cette étude permet de comprendre les arbitrages opérés tout au long de l’été et de les comparer aux intentions exprimées en mars.

 

Les vacances restent bien ancrées dans les pratiques des Français, mais les intentions du printemps (mars 2026) ont été largement ajustées au fil de l’été. Près de trois quarts des Français sont partis en vacances entre juin et septembre 2026 (septembre correspondant aux séjours déjà planifiés lors de l’enquête). Les séjours réalisés sont cependant plus courts qu’envisagé : 60% ont effectué un séjour principal d’une semaine ou moins, contre 40% qui envisageaient cette durée en mars.

La mer reste la destination privilégiée, mais elle est moins dominante qu’attendu. Elle rassemble 55% des séjours principaux, contre 69% envisagés au printemps. À l’inverse, la ville et la campagne atteignent chacune 16%, et la montagne 11% ont davantage séduit qu’anticipé. Géographiquement, la proximité progresse également : 16% sont restés dans leur région ou leur département, contre 6% envisagés en mars, tandis que la part de l’étranger passe de 34% dans les intentions à 27% dans les départs réalisés. La comparaison avec mars montre également un rééquilibrage territorial : la Nouvelle-Aquitaine reste stable autour de 18%, tandis que la Bretagne, la Normandie, les Hauts-de-France et Auvergne Rhône-Alpes gagnent du terrain. À l’inverse, PACA passe de 22% des intentions à 16% des séjours réalisés, soit un recul de 6 points.

Le contexte économique apparaît comme le principal moteur de ces arbitrages. 85% des Français se déclarent aujourd’hui assez ou très inquiets pour leur pouvoir d’achat, contre 68% en mars 2026. Cette pression se retrouve directement dans les choix de vacances : le prix des hébergements a influencé 86% des vacanciers, dont 56% « beaucoup » ; leur pouvoir d’achat 83%, dont 47% « beaucoup » ; et le coût du carburant ou des déplacements 75%, dont 42% « beaucoup ». Les fortes chaleurs arrivent ensuite, avec 62% des vacanciers déclarant qu’elles ont influencé leurs choix.

Cette contrainte s’observe également dans l’évolution des projets. Seuls 43% des vacanciers ont finalement réalisé exactement le séjour initialement envisagé. 45% ont apporté quelques ajustements, 11% ont changé de type de vacances et 2% ont encore modifié leur séjour une fois sur place : près de 6 vacanciers sur 10 ont donc fait évoluer leur projet initial. Parmi ceux ayant changé de type de vacances, les motifs sont d’abord économiques : 57% l’ont fait pour réduire leur budget, 36% en raison du prix des hébergements et 34% en raison du coût des transports ou du carburant.

Les conditions climatiques ont également pesé sur l’été, sans pour autant bouleverser massivement les séjours. Les fortes chaleurs ont davantage conduit à des ajustements de comportement qu’à des annulations : 31% ont privilégié les activités le matin ou le soir, 19% davantage recherché des lieux de baignade et 14% renoncé à certaines activités. Concernant spécifiquement les incendies et les risques d’incendie, 17% des vacanciers ont modifié leurs vacances, qu’il s’agisse d’éviter certains secteurs, d’adapter les activités, de changer de dates, d’hébergement ou de destination. À l’inverse, 83% déclarent que cela n’a rien changé à leur séjour.

Les critères retenus illustrent d’ailleurs un besoin de vacances à la fois accessibles et ressourçantes. Le premier critère cité est le dépaysement / changement d’air (31%), devant les prix attractifs (26%), la zone géographique (24%) et le fait d’être entouré de ses proches (23%). Le lieu de baignade et l’hébergement pèsent chacun 20%. Le temps de trajet raisonnable arrive également assez haut avec 17%, tandis que l’ensoleillement et la recherche d’un climat supportable ou de fraîcheur sont cités chacun par 16%. Une fois sur place, les vacances restent avant tout synonymes de repos et de temps partagé : 58% citent la détente comme l’une de leurs trois principales activités, 39% le temps passé avec leurs proches et 37% la plage. Viennent ensuite la découverte de nouveaux endroits (31%), les activités culturelles (28%) et les activités de pleine nature (27%).

 

Une réservation plus tardive et très sensible au prix

Les modes de réservation apparaissent très éclatés, sans canal dominant : les plateformes type Booking/Expedia représentent 22% des séjours, exactement comme l’hébergement chez des amis ou de la famille et la location auprès de particuliers. La réservation directe auprès d’un hôtel, camping ou village vacances atteint 17%, devant la résidence secondaire personnelle (6%), les grandes enseignes de résidences de tourisme (5%) et les centrales de réservation (4%).

La prudence économique se traduit aussi par un allongement du temps de décision : 37% ont réservé leur hébergement plus tard que d’habitude, dont 19% beaucoup plus tard. Chez ces vacanciers tardifs, la première motivation est la surveillance des prix (34%), juste devant les contraintes budgétaires (32%) et l’attente d’une promotion ou d’une offre de dernière minute (24%). Les considérations météo interviennent également : 17% ont attendu pour surveiller la canicule et 13% pour être davantage sûrs de la météo.

 

Des vacanciers présents, mais qui réduisent fortement leurs dépenses sur place

Le phénomène le plus marquant reste sans doute la compression de la consommation une fois sur place. 62% des vacanciers disent avoir eu le sentiment de se restreindre sur leur budget vacances, et 33% ont consacré un budget inférieur à celui de l’été précédent. Les premiers postes sacrifiés sont la restauration (59%), les activités payantes (40%) et le shopping ou les achats souvenirs (36%).

Cette restriction ne porte pas uniquement sur les montants dépensés, mais aussi sur la fréquentation : 58% sont allés moins souvent au restaurant, 66% ont moins fréquenté les activités de loisirs payantes, 61% les bars et cafés et 60% les visites culturelles payantes. À l’inverse, 37% ont davantage pratiqué d’activités gratuites ou de pleine nature. Les Français sont donc bien partis, mais une partie importante d’entre eux a cherché à profiter autrement et à moindre coût.

Le rayon d’action s’est également resserré : 42% ont réalisé moins de déplacements ou d’excursions depuis leur hébergement, tandis que 35% se sont moins éloignés de leur lieu de séjour que lors de leurs vacances habituelles. Cela renforce l’image d’un été où l’on est parti, mais avec une consommation et une mobilité davantage maîtrisées.

 

Les non-partants : avant tout un renoncement économique

Pour les 26% qui ne sont pas partis entre juin et septembre, la raison financière domine très nettement : 51% citent leur situation financière ou leur pouvoir d’achat, 32% le coût des transports ou du carburant et 24% le prix des hébergements. Les contraintes personnelles ou familiales arrivent ensuite à 20%, devant les fortes chaleurs à 19%. Les incendies sont beaucoup moins fréquemment cités comme cause directe du non-départ, à 5%.

Ces non-départs ne sont cependant pas tous structurels : 28% avaient réellement prévu de partir et 31% hésitaient encore en début d’année, soit 59% pour lesquels un départ restait envisageable. Et la décision a parfois été tardive : près d’un tiers a renoncé dans le dernier mois précédant le séjour, dont 11% à la dernière minute. La mer était de très loin l’espace qui les attirait le plus, avec 58% des réponses.

Enfin, le non-départ est parfois un report plutôt qu’une absence totale de vacances : 17% prévoient encore de partir à l’automne, 6% en hiver et 22% ne sont pas encore décidés. En revanche, près de la moitié (49%) estime qu’elle ne partira probablement pas. Les loisirs de proximité compensent seulement partiellement cette absence : 24% ont réalisé davantage de sorties à la journée, mais 49% en ont fait moins que d’habitude ou pas du tout.